La qualité dans les structures d’accueil des jeunes enfants

Séverine Roumiguières est assistante maternelle à Castelsarrasin./ Photo DDM Marc Zulian
Crédit photo: https://www.ladepeche.fr/2019/08/25/un-accueil-individualise-avec-les-assistantes-maternelles,8375298.php

La période de la conception aux deux premières années de la vie après la naissance sont déterminantes pour le développement de l’enfant et la santé de l’adulte qu’il deviendra. Lancée par le Président de la République Emmanuel Macron en septembre 2019, la commission des « 1000 premiers jours », dont le suivi des travaux a été confié à Adrien Taquet, secrétaire d’État à l’enfance et aux familles auprès du ministre des Solidarités et de la Santé, a été présidée par le neuropsychiatre Boris Cyrulnik. Cette commission a regroupé 18 experts de spécialités différentes et Nathalie Casso-Vicarini, Fondatrice et Déléguée Générale de l’Association a coordonné avec le Pr Jacqueline Wendland, Tove Mogstad-Slinde en Norvège et Johanne Lemieux, au Québec, la partie IV dédiée aux congés de naissanceet les structures d’accueil : donner le temps et les espaces adaptés aux familles et à leurs jeunes enfants

Nous souhaitons mettre l’accent sur la garantie d’un accès universel à un mode d’accueil de qualité pour tous les enfants, dans le respect l’égalité des chances. Zoom sur 12 mesures phares:

Mesure 1 : L’application de la pratique de la référence qui permet une continuité des soins dispensés à l’enfant et contribue significa- tivement à la qualité de l’accueil et à une relation de confiance enfant-parents-professionnels.

Mesure 2 : Le respect d’un ratio de 5 enfants /adulte tous âges confondus, avec au moins 70% de professionnels diplômés (IDE, Puer, EJE, AP auprès des enfants).

Mesure 3 : L’amélioration de la formation, la valorisation des personnels et l’encadrement travaillant dans les EAJE et les assistants maternels dont voici les axes principaux:

> Valoriser la rémunération et investir fortement dans la formation initiale et continue de qualité des professionnels de la petite enfance exerçant dans les modes d’accueil collectifs et individuels,

> Financer la recherche-action-formation entre chercheurs et professionnels, avec une évaluation des pratiques visant à l’amélioration constante de la qualité de l’accueil (en lien avec les « instituts 1000 jours » voir partie 5 du rapport),

> Proposer un module commun et interdisciplinaire sur le développement de l’enfant à tous les professionnels de l’accueil ; à mettre à disposition des juges pour enfants, pédiatres, professionnels de la protection de l’enfance et de l’éducation nationale.

Mesure 4 : L’accessibilité territoriale et financière :

> Un investissement dans la création de modes d’accueil sur la base d’analyse des besoins des territoires pour mieux répondre aux enjeux de couverture du territoire par des modes d’accueil adaptés.

> Un mode de financement universel pour tous les modes d’accueil individuels et collectifs 

Mesure 5 : Mettre en œuvre une conception renouvelée de sespaces d’accueil et de leur environnement :

> Repenser les espaces d’accueil en les mettant en conformité avec les conclusions des recherches scientifiques sur l’apport de la nature sur le développement de l’enfant,

> Garantir une surface intérieure de 7 m2 minimum par enfant dans les modes d’accueil partout en France et un accès quotidien à un espace extérieur,

> Veiller à ce que tous les modes d’accueil proposent un environnement sain, protégé notamment de l’exposition aux produits toxiques et aux perturbateurs endocriniens,

Mesure 6 : Une meilleure organisation institutionnelle :

> Créer une instance nationale -service intégré et pérenne-constitué d’experts scientifiques et du terrain dédié à la qualité de l’accueil du jeune enfant pour favoriser le continuum éducatif et la fluidité du parcours de vie de l’enfant. 

> Déterminer la collectivité territoriale compétente pour les modes d’accueil et aller vers un « droit opposable » à l’accueil de l’enfant, comme dans les pays nordiques,

> Proposer un cahier des charges universel pour encadrer les délégations de service public et les marchés publics et former les nouveaux élus petite enfance qui créent des places d’accueil.

Mesure 7 : Favoriser l’implication des parents au sein des EAJE en les rendant acteurs du projet d’établissement et en leur permettant de parti-ciper à des activités réunissant enfants, parents et professionnels 

Mesure 8 : Faciliter l’accueil du bébé allaité en crèche : respect des rythmes, soutien de la mère, transport et conservation du lait maternel ;

Mesure 9 : Réserver un accueil prioritaire des enfants à besoins particuliers (handicap, troubles du développement, maladies chroniques, en situation de vulnérabilité)

Mesure 10 : Former les professionnels à la détection précoce des troubles du développement,

Mesure 11 : Fournir aux structures qui bénéficient du bonus handicap une formation à l’accompagnement de ces enfants pour favoriser leur inclusion

Mesure 12 : Accueillir en priorité les enfants de familles vivant sous le seuil économique de pauvreté.