Des paroles puissantes de la session d’ouverture du Webcampus au cœur de l’Enfance le 30 juin dernier

Introduction 

Rudolph HIDALGO, Président, Ensemble pour l’Éducation de la Petite Enfance 

Ce congrès est un RDV devenu incontournable, tous les 2 ans, pendant lequel les regards des experts, du monde de la recherche, des professionnels de terrain et des influenceurs des politiques publiques se croisent pour : 

1-changer le regard sur l’enfant pour bâtir des sociétés plus inclusives et plus humaines 

2- inscrire la petite enfance dans l’agenda des États comme sujet majeur et prioritaire 

3-traiter le sujet de l’enfance dans une continuité pour accompagner le parcours de chaque enfant et de sa famille, de la périnatalité à l’école. 

L’association Ensemble pour l’Éducation de la Petite enfance que j’ai l’honneur de présider accompagne les politiques publiques et les professionnels de l’enfance sur le terrain en saluant tous les progrès déjà accomplis. La qualité dans l’accueil et l’accompagnement de la petite enfance est le meilleur investissement pour l’avenir de chaque nation

La crise sanitaire vient de révéler des forces, des faiblesses et des défis. Elle nous pousse plus que jamais à réinventer tous ensemble un nouveau monde solidaire. Les défis, nous allons maintenant les relever ensemble et solidairement, grâce à ce format inédit et très innovant de ce congrès-Webcampus . C’est notre réponse collective et enthousiaste à un virus qui, s’il a pu nous priver du bonheur de nous asseoir tous ensemble ici à Paris, chers amis du monde entier, ne pourra jamais nous empêcher de nous mobiliser, de réfléchir et de construire pour faire avancer notre cause en faveur d’une éducation bienveillante et respectueuse du potentiel fabuleux de la petite enfance. 

Ce que révèle l’Organisation de Coopération et de Développement Économique ? 

Gabriela RAMOS, Directrice de Cabinet du Secrétaire général de l’OCDE et Sherpa du G20 

Dans de nombreux pays de l’OCDE, les centres d’EAJE réglementés ont été condamnés à fermer, à quelques exceptions près, afin de s’occuper des enfants des travailleurs essentiels. En conséquence, plus d’un tiers des enfants de moins de 3 ans et près de 90% des 

enfants de 3 à 5 ans ont été exclus des services d’EAJE. Cette situation place les parents comme les premiers répondants en matière de soins aux enfants, de développement cognitif, social et émotionnel et de santé

Cela n’a jamais été facile pour un parent de jongler entre la garde d’enfants et le travail. Pour les plus défavorisés, la situation est délicate car le télétravail est moins accessible, leur travail nécessitant une présence physique, alors que les centres abordables sont fermés. Par conséquent, leurs enfants sont plus vulnérables. Leurs parents sont par exemple, moins susceptibles de leur lire une histoire [30% de moins, selon notre récente étude internationale sur l’apprentissage précoce et le bien-être des enfants (IELS), menée en Angleterre, aux États-Unis et en Estonie], que l’OCDE souligne comme essentielle au développement de leurs compétences en littératie et leurs compétences socio-émotionnelle grandissantes. 

Même si les enfants ont accès à des outils numériques, ils pourraient faire face à un autre ensemble de risques associés à la « surexposition » à Internet. L’’étude de l’OCDE sur l’apprentissage précoce et le bien-être des enfants montre que pendant la crise, 83% des enfants de 5 ans en Angleterre, en Estonie et aux États-Unis utilisent des appareils numériques quotidiennement. Cela pourrait inciter les enfants à adopter un mode de vie « toujours actif ». Bien sûr, l’environnement numérique offre des opportunités importantes pour l’apprentissage et la socialisation des enfants, mais nous devons être conscients des risques, en particulier si les technologies numériques sont utilisées sans une supervision parentale appropriée. Même les plus jeunes enfants 

peuvent rencontrer des contenus nuisibles ou illégaux, être exposés à de la publicité, effectuer des achats sans comprendre qu’ils le font, ou partager par inadvertance des données personnelles qui peuvent être utilisées à des fins commerciales. Nous devons donc approfondir les recherches sur l’impact des TIC sur le développement des enfants et sur la manière de les utiliser dans le cadre de l’éducation à la petite enfance [qui est l’une de nos propositions du G20]. 

Cette crise n’a fait qu’aggraver la situation en raison de facteurs de stress accrus qui ont rendu les agresseurs plus violents : le logement instable [avec l’augmentation de la population de sans-abri dans les pays de l’OCDE et les conditions de surpeuplement en particulier au Mexique, en Lettonie et en Pologne], l’insécurité financière [1 sur 3 sont dans l’insécurité financière dans les pays de l’OCDE avant la crise] et la perte d’emplois [81% de la main-d’œuvre mondiale affectée]. Nous avons déjà constaté une augmentation du nombre de cas de violence domestique signalés dans le monde [30% en France, 40% au Royaume-Uni, 50% au Brésil et 70% au Chili] et de nombreux appels aux lignes d’assistance téléphonique d’enfants victimes de violence à la maison. Certains enfants souffrent de dépression, entraînant même des tentatives de suicide, selon le rapport publié par l’UNICEF la semaine dernière. 

C’est exactement la raison pour laquelle l’OCDE a lancé l’Étude internationale sur l’apprentissage précoce et le bien-être des enfants afin de mettre en lumière la façon dont les enfants se comportent à 5 ans en termes de développement social, émotionnel et cognitif. Notre première série d’études a été menée avec l’Angleterre, l’Estonie et les États-Unis auprès de 7 000 enfants, enseignants et parents. 

Dans cette période de pression accrue au regard des budgets publics, une évaluation de l’OCDE comme celle-ci pourrait mettre en évidence l’importance de l’Éducation de la Petite Enfance en tant qu’investissement et non en tant que coût. Nous souhaitons 

qu’un plus grand nombre de pays rejoignent cette étude (IELS) afin d’établir une référence internationale sur l’Éducation de la petite enfance. Bien que de nombreux gouvernements aient fait beaucoup d’efforts pour atténuer l’impact sur les familles, ce soutien doit se poursuivre au-delà de la crise, car les frais remboursables des services de garde prennent souvent une large part des revenus, en particulier pour les parents et les mères célibataires à bas salaires [en particulier en Irlande, en République slovaque et au Royaume-Uni]. 

Nous devons donc transformer cette crise en une opportunité en rendant l’Éducation de la petite enfance plus abordable pour que les ménages à faible revenu [un tiers sont moins susceptibles de participer à la l’Éducation de la petite enfance] puissent commencer à en bénéficier dans le monde post-COVID. 

Les autorités locales et nationales et la société civile doivent travailler ensemble de manière coordonnée pour répondre aux demandes plus élevées et identifier les enfants dans le besoin. » 

Une Perspective autour des droits de l’enfant : 

Geneviève AVENARD, Défenseure des Enfants, France 

Sur les quelques 3.000 réclamations que nous recevons chaque année, à ce titre, et qui émanent principalement de parents (de mères plus précisément), un bon quart concerne les plus petits, jusqu’à 6 ans ; avec pour finalité de favoriser le meilleur développement de 

l’enfant ainsi que son épanouissement et son bien-être, de manière adaptée et progressive au fur et à mesure qu’il grandit. 

Une finalité qui peut se résumer dans le concept de « l’intérêt supérieur de l’enfant », qui relie les droits et les besoins 

fondamentaux, matériels, physiques, éducatifs, de sécurité et d’affection, et en garantit le respect

Avec une attention toute particulière pour cette période extraordinaire pour l’être humain qu’est la prime enfance, période d’extrême dépendance vis-à vis des adultes, mais phase de croissance et de transformation la plus rapide de l’existence humaine, en particulier la « période des 1.000 jours » à partir de la conception, largement documentée par les travaux des neurosciences et les recherches en épigénétique. D’une manière générale, nous avons ainsi montré que le non-respect des droits pendant la petite enfance est un facteur de difficultés pour l’avenir

Pourvu aussi que les institutions, les professionnels, l’espace public, les lieux de socialisation des enfants, la société toute entière, s’adaptent aux enfants et aux plus jeunes d’entre eux, et pas l’inverse comme c’est le cas trop souvent : à leurs spécificités et caractéristique propres, à leurs besoins particuliers, à leur rythme de développement… 

Pourvu que les capacités, besoins ou fragilités morales des tout-petits enfants, leur intérêt supérieur, le respect de leurs droits, constituent bien une considération primordiale dans le choix des décisions qui les concernent pourtant directement, et soient moins centrés sur les logiques des adultes

Je souhaite exprimer ici le sentiment que les enfants n’ont pas été réellement pris en considération, comme des sujets à part entière, alors que leurs vies ont été profondément touchées et bouleversées par ce contexte, et notamment les mesures de confinement, puis de distanciation sociale et les règles de sécurité sanitaire. D’abord considérés comme des clusters incarnés, ils ont dû ensuite faire face à des dispositions excessivement restrictives, sans que soient mesurés les effets de ces dernières sur les enfants, sur le respect de leurs droits, et sur leur bon développement.” 

« Bien s’occuper des tout-petits et de leurs parents, c’est faire de l’humain un horizon, et c’est le meilleur et peut-être le seul véritable rempart contre la barbarie ». Catherine DOLTO

Un Grand témoin à nos côtés !

Dr. Boris CYRULNIK, Neuropsychiatre et auteur

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SESSION 1 : “COMMENT SE PORTE L’EDUCATION DE LA PETITE ENFANCE AUJOURD’HUI ?”

“COMMENT SE PORTE L’EDUCATION DE LA PETITE ENFANCE AUJOURD’HUI ?” 3 PAYS A L’HONNEUR 

En France : 

Monsieur Adrien Taquet Secrétaire d’État à la protection de l’enfance du Ministère des Solidarités et de la Santé (France)

Le confinement en France et dans de nombreux pays a impacté fortement les enfants, privés de leur école, privés des activités extrascolaires et des liens sociaux qu’elles leur offrent : un retard des apprentissages, des conséquences sur leur équilibre psychique sont à craindre 

Le confinement a impacté fortement les enfants parce qu’ils ont été confinés dans leurs familles et que pour certains d’entre eux, la famille est malheureusement signe de violences verbales ou physiques, de maltraitance : en France la recrudescence des appels au 119 (+56% d’appels en 2020 par rapport à 2019 sur la période 18/3 – 10/5). La crise risque encore d’impacter les enfants, en 

particulier les plus pauvres d’entre eux parce qu’elle entraîne un appauvrissement économique et social des familles 

La santé physique et psychique, le développement cognitif et émotionnel, l’ouverture aux autres et aux mondes, et tant d’autres facteurs encore, sont décisivement influencés par les premiers jours de la vie. La qualité des premiers contacts avec les parents, l’importance d’une grossesse et d’une parentalité se déroulant dans les meilleures conditions, la fréquentation de modes de garde adaptés, nous apprennent que les pouvoirs publics doivent investir le champ de la petite enfance bien plus qu’ils ne l’ont fait jusqu’à présent

Les vertus d’une politique de la petite enfance réussie ne se mesurent pas seulement au niveau individuel ; elles se révèlent au niveau sociétal, dans la réduction des inégalités des chances, car nous savons que c’est là, dès le plus jeune âge, que les écarts se creusent et parfois de manière irrattrapable. C’est ce sur quoi je voudrais insister aujourd’hui, alors que la crise du Covid-19 fragilise davantage encore la solidarité que notre société se doit de viser. 

L’étude PISA 2018, publiée en décembre 2019 par l’institution qui nous fait l’honneur de nous accueillir aujourd’hui, l’OCDE, nous apprend que mon pays, la France, se situe un peu au-dessus de la moyenne des pays de l’OCDE en lecture, en mathématiques, et en sciences. 

Mais elle nous apprend surtout autre chose ; en France, plus qu’ailleurs, les performances scolaires sont fortement corrélées à l’origine sociale. Le lien entre le statut socio-économique et la performance aux tests PISA est extrêmement fort en France (20 points de plus que dans la moyenne des pays de l’OCDE). Le Président de la République et le Gouvernement auquel j’appartiens se sont engagés dans la lutte contre cette inégalité de destin : le jeune collégien issu d’un milieu défavorisé ne doit pas, du simple fait de son origine sociale, être moins bon à l’école que son copain issu d’un milieu aisé. 

Nous avons ainsi avec Jean-Michel Blanquer Ministre de l’Éducation Nationale doublé les classes de primaires en zone d’éducation prioritaire : 300 000 élèves sont concernés, et ces mesures porteront leurs fruits pour la prochaine génération. 

L’éducation des tous petits, nous le savons, se joue beaucoup à la maison. Le jeu provoque un engagement actif et affectif de l’enfant, engagement dont on sait l’importance pour acquérir de nouvelles connaissances. Mieux informer, mieux orienter les parents. Il faut accompagner les parents avec des messages de santé publique forts, car éduquer les enfants, c’est souvent, aussi, informer les parents. Il faut aller vers les familles, les informer davantage sur les bénéfices du jeu, de l’éveil à la nature, sur le caractère pernicieux de l’exposition aux écrans avant l’âge de 3 ans, sur l’importance d’un lien d’attachement fort. Cela passera par des campagnes de communication dédiées, mais aussi par la mise en œuvre d’un véritable parcours de parentalité. Redonner du temps aux parents, à la famille. Nous savons qu’une présence renforcée des parents auprès de l’enfant durant sa première année de vie favorise son développement cognitif. Il faut que nous investissions davantage encore le champ des modes d’accueil. Je salue ici le soutien financier considérable qui a pu bénéficier à 427 000 places d’accueil pendant la crise, porté par Christelle DUBOS et les Caisses Nationales des Allocations Familiales. C’est un effort inédit qui nous permet de maintenir notre offre malgré la crise. Mais nous devons faire plus. Il s’agit aussi de mettre en place de véritables projets pédagogiques dans ces lieux, de faire évoluer la formation des professionnels de la petite enfance relevant des secteurs publics et privés

En somme, ce que je veux faire, avec les 1000 premiers jours, c’est donner tort à Bourdieu : il faut donner tort aux Pythies qui nous disent que la famille, le milieu, l’origine sociale déterminent tout. L’investissement dans la petite enfance, dans l’éducation et dans l’éveil des plus jeunes d’entre nous, est le meilleur moyen d’y faire face. Accompagner ceux qui viennent de naître, ceux pour qui tout doit encore être ouvert, c’est, au sens propre du terme, faire obstacle à la fatalité. 

Au Québec : 

Introduction par Geneviève BELISLE, Directrice générale de l’Association québécoise des Centres de la Petite Enfance (AQCPE) 

C’est en côtoyant des gens de partout à travers le monde, des experts et des passionnés comme vous tous qui assistez en ce moment à cette conférence, que nous devenons meilleurs. Nous croyons que l’expertise unique du réseau des CPE/BC québécois peut bénéficier à d’autres enfants et d’autres familles dans le monde et que de la même manière, l’expertise et les expériences des autres pays en matière d’éducation à la petite enfance peuvent nous enrichir. Nous avons tout à gagner en s’inspirant de ce qui se fait de mieux à l’international

Notre plus grande richesse se trouve à travers la diversité de nos pratiques, à travers nos regards individuels et collectifs, à travers nos contextes uniques, à travers notre capacité d’adaptation

La pandémie a ouvert de nombreuses discussions entre les pays afin de cibler les meilleures pratiques, les succès, mais aussi les failles des systèmes en place. Cela occasionnera forcément des partenariats plus soudés que jamais. Je pense par exemple aux capsules « Dis-moi », le fruit d’un partenariat solide avec Ensemble pour l’éducation de la petite enfance. 

Monsieur Mathieu LACOMBE, Ministre de la Famille au Québec 

C’est avec grand plaisir que je prends la parole devant vous tous aujourd’hui au nom du gouvernement du Québec, surtout si c’est pour venir m’entretenir avec vous de « la qualité au-delà des 

normes », un thème qui rejoint particulièrement bien l’approche québécoise en matière d’éducation à la petite enfance. 

J’aimerais remercier chaleureusement les organisateurs de l’événement, qui ont su élaborer une grille de programmation fort intéressante et qui ont su adapter leurs pratiques à la situation 

particulière que nous vivons en ce moment. Merci pour cette belle initiative ! En particulier, mes salutations les plus chaleureuses à Madame Casso-Vicarini, déléguée générale de l’Association Ensemble pour l’éducation de la petite enfance que j’ai eu le plaisir de voir lors de son passage au Québec l’an dernier. 

Afin de favoriser la création d’emplois, notamment, des consensus se sont dégagés autour de certaines idées phares. 

Ainsi, le 23 janvier 1997, la nouvelle politique familiale du Québec est dévoilée. Intitulée Les enfants au cœur de nos choix, elle prévoit notamment le développement accéléré de services de garde éducatifs à tarif réduit. Le ministère de la Famille et de l’Enfance est alors créé. Il n’y avait pas eu au Québec de ministère dédié à la famille depuis les années 60. 

Le réseau des centres de la petite enfance, à l’époque, se voulait un milieu unique où les parents et les enfants ont accès à une gamme complète de services de première ligne. Cette mesure témoignait de la volonté du gouvernement d’appuyer le développement global des tout-petits en leur offrant des services éducatifs de qualité et abordables (5$ par jour, soit un peu plus de 3 €). Ainsi naissait, en 1997, un programme de places à contribution réduite offrant des services de garde éducatifs pour les enfants âgés de moins de 5 ans à coûts minimes pour les parents. Le tout chapeauté par le gouvernement du Québec. 

On voulait permettre aux parents qui travaillent, étudient ou sont engagés dans une démarche de réinsertion sociale ou professionnelle de s’appuyer sur des services de garde de qualité, accessibles et stimulants, tout en continuant à assumer un rôle prépondérant dans l’éducation de leurs enfants. 

Ces services devaient permettre à nos tout-petits, 5 ans et moins, de bénéficier d’un encadrement qui favorise leur développement, de se familiariser progressivement avec un environnement d’apprentissage stimulant et d’acquérir des habiletés qui les placeront en position de réussite à l’école. À travers toutes ces composantes, des normes de qualité rigoureuses sont de mise. Les éducatrices et les éducateurs ont la responsabilité d’assurer la santé, la sécurité, le développement, le bien-être, la réussite éducative et l’égalité des chances des enfants qui reçoivent nos services

Ils appliquent un programme éducatif favorisant le développement global de l’enfant, ce qui lui permet de développer toutes les dimensions de sa personne et l’amène progressivement à s’adapter à la vie en collectivité et à s’y intégrer harmonieusement. 

Le Ministère met à la disposition des services de garde éducatifs à l’enfance le programme « Accueillir la petite enfance ». Il s’agit d’un guide commun, destiné à toutes les personnes travaillant dans le domaine de la petite enfance, pour l’accompagnement de nos enfants. Nous étions très convaincus que ce réseau permettrait aux tout-petits de développer leur plein potentiel en côtoyant des éducatrices et des éducateurs spécialisés en développement de la petite enfance. La preuve en a été faite depuis longtemps maintenant. 

Notre réseau de services de garde éducatifs à l’enfance nous a également permis de déceler des difficultés d’apprentissage lorsqu’elles se présentent de façon persistante chez un enfant. Toujours mieux outillés, les éducatrices et les éducateurs peuvent reconnaître, même avant l’entrée à l’école, les signes avant-coureurs. Et puisque la réussite de ces enfants repose en partie sur la détection précoce de ces difficultés d’apprentissage, on peut dire que le réseau agit en véritable éclaireur pour la santé et le bien-être d’un grand nombre d’enfants qui ont des besoins particuliers

Ce sont là quelques-uns des bienfaits de notre réseau. Nous en sommes tous très fiers et il est très valorisant de travailler pour le bien d’un tel levier de développement humain, social et économique. En nous inspirant des meilleures pratiques internationales, nous sommes constamment à la recherche de pistes novatrices pour améliorer la qualité de notre réseau. 

Nous accordons beaucoup d’importance à la formation continue de la main-d’œuvre. 

Éducatrices, éducateurs et responsables, sont formés et continueront de l’être tant qu’ils y évolueront

Je pense aussi aux ratios éducatrices/enfants, lesquels varient en fonction de l’âge des enfants, et au ratio de membres du personnel de garde qualifiés présents chaque jour auprès des enfants. Les dernières mesures s’inscrivent dans cette volonté d’amélioration continue

Aussi récemment qu’en 2017, nous avons adopté la Loi visant à améliorer la qualité éducative et à favoriser le développement harmonieux des services de garde éducatifs à l’enfance. Cette loi, dont la mise en œuvre nous occupait jusqu’à l’automne dernier encore, introduit notamment des exigences concernant le programme éducatif et le dossier éducatif de l’enfant. L’objectif général est de rehausser la qualité de tous les services de garde éducatifs à l’enfance et de favoriser la réussite des enfants qui les fréquentent. 

Et pour assurer la cohérence des actions en vue d’offrir une véritable égalité des chances et de favoriser le développement du plein potentiel de tous les enfants, nous combinons les efforts des ministères de la Famille, de l’Éducation ainsi que de la Santé et des Services sociaux sous l’action conjointe de la stratégie « Agir tôt » et de manière concertée. Cette dernière, comme son nom l’indique bien, est une stratégie qui vise à consolider et coordonner les initiatives de ces trois ministères en matière d’identification des difficultés particulières que pourraient rencontrer certains enfants afin d’y apporter une réponse rapide et adéquate : agir tôt et de manière concertée pour le bien-être et le développement harmonieux de nos tout-petits, tout simplement. Le réseau des 

services de garde éducatifs à l’enfance joue évidemment un grand rôle dans cette stratégie et nous en sommes très fiers. 

En parallèle, le ministère de la Famille a mis en place une mesure d’évaluation de la qualité éducative afin de s’assurer que les services de garde répondent aux besoins des enfants sur le plan de leur développement global. Cette mesure est implantée de façon progressive sur plusieurs années. À terme, tous les services de garde, en installation et en milieu familial, seront évalués. Une première ! Des évaluations de la qualité éducative sont effectuées dans d’autres pays, mais pas de façon aussi systématique. 

Le but est évidemment d’améliorer nos pratiques. Comme quoi le travail n’est jamais terminé. Pour ceux qui veulent aider le quotidien des enfants, des familles et par le fait même la société dans son ensemble, il y a toujours du travail à abattre. N’est-ce pas le sens du slogan de l’OCDE, des politiques meilleures pour une vie meilleure ? 

Et ce que j’aime particulièrement, et qui me rend fier, c’est qu’il s’agit en fait d’une orientation de l’État québécois, sans égard aux partis politiques. Comme si les 20 premières années de vie de notre réseau lui avaient donné toute la légitimité de poursuivre en ce sens. Les partis au pouvoir ont beau se succéder, les politiques familiales demeurent et se renforcent

Le terrain qu’il nous reste à couvrir, c’est celui-là, celui de l’accessibilité. Tous les gouvernements devraient prendre le temps de se questionner sur cet enjeu. Quels sont les enfants qui gagneraient le plus à fréquenter nos services de garde ? Comment faire pour les joindre plus facilement ? Est-ce que tous les enfants, dont les parents le souhaitent, ont accès à nos services ? Que peut-on faire au gouvernement pour maximiser le nombre d’enfants qui peuvent profiter d’un environnement de qualité ?


En Norvège :

Madame Guri MELBY, Ministre de l’Éducation et de l’intégration
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le 16 juillet 2020 de 14h à 16h

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